Rencontre avec Aurore Pérez

Direction la Malaisie à la rencontre d’Aurore Pérez, une jeune Française expatriée depuis bientôt deux ans et enseignante à l’Université de Kuala Lumpur (UniKL) au sein du MFI, l’Institut Malaisie-France. Elle nous parle de sa vie sur place, de sa rencontre avec le pantoun, et surtout de ce concours de pantouns qu’elle a récemment organisé pour ses étudiants malaisiens. Sur le thème de la couleur noire, elle a ainsi récolté une belle moisson de textes que nous diffusons en partie après cet entretien.

Pantouns: Aurore, pouvez-vous nous présenter votre parcours personnel ? On vous sait pantouneuse et résidente en Malaisie, mais quel est le cheminement qui vous a mené jusque-là ?

Aurore: À 23 ans j’ai quitté ma Provence natale afin de poursuivre mes études en Espagne, dans la ville de Saragosse. À cette époque, je terminais un master en traduction, que j’ai immédiatement enchainé avec un master en enseignement des langues étrangères, option français (l’équivalent du FLE en France). Malheureusement, la crise commençait à se faire sentir dans le pays et après une énième fin de contrat prématurée, c’est l’Aragon que j’ai quitté pour Bilbao. Au bout de quelques mois, l’histoire se répète… Comme je préfère me laisser gagner par l’optimisme, j’ai décidé de prendre ça comme une opportunité, une porte grande ouverte vers – presque (soyons réalistes tout de même !) – toutes les possibilités. À ce moment-là, je crois que mon CV a dû faire le tour du monde ! Et c’est finalement en Malaisie que j’ai atterri. Un peu par hasard, donc. La Malaisie est un pays dans lequel je me plais bien, mais n’habitant pas à Kuala Lumpur je me suis sentie un peu «frustrée» sur le plan créatif assez rapidement. Surtout après la richesse de l’expérience basque (walking galleryurban knitting, wall people…). Entendez bien que ce ne sont pas les expos qui me manquent, mais bien le fait de «faire» l’expression artistique. Alors au bout d’un certain temps, je me suis mise à chercher des activités en ligne. Ateliers d’écriture, concours photos, tout ! Et je suis tombée – quel bonheur ! – sur un appel à textes de la Revue Pantouns, qui justement organisait un concours (avec ses batiks flottant dans le Temps). Je ne connaissais pas du tout cette forme poétique, mais j’ai fait mes devoirs et je l’ai trouvée bien séduisante. L’idée du concours aussi me plaisait, je suis toujours plus motivée quand des règles sont imposées. Il était alors évident que j’allais y participer. J’ai donc écrit et envoyé mes trois textes. Je dois reconnaître maintenant que la joie de découvrir que je faisais partie des lauréates m’a totalement incitée à continuer à écrire pour la revue. Voilà maintenant presque un an!

Aurore Pérez et ses étudiants (classe M2)

Pouvez-nous présenter le Malaysia-France Institute de Kuala Lumpur et vos responsabilités au sein de cet institut d’enseignement ? Quels sont les profils de vos étudiants ? Prévoient-ils tous de partir en France pour prolonger leurs études?

Je suis arrivée en Malaisie fin septembre 2012 parce que j’avais été recrutée par le MFI (Malaysia-France Institute), une des branches de l’Université de Kuala Lumpur, pour y enseigner le français. Pour être plus précise, je travaille au sein du FCP (France Collaboration Programs), dans le programme Pré-France, où mes collègues et moi formons de jeunes étudiants malaisiens pendant deux ans pour qu’ils puissent ensuite aller en France avec un certain bagage et y continuer leurs études supérieures. La plupart d’entre eux se trouve dans une filière scientifique (option méca, chimie ou élec), mais depuis peu nous avons aussi une option Sciences-Po. Les étudiants ont entre 18 et 20 ans, doivent avoir d’excellents résultats à leur SPM (l’équivalent local du baccalauréat) pour pouvoir postuler au MFI, et viennent de tout le pays. Quant aux profs, tous francophones, c’est vraiment cosmopolite : Malaisie, Belgique, Algérie, Maroc et des quatre coins de France !

Retrouvez la suite de notre entretien avec Aurore Pérez dans le numéro 11 de la revue Pantouns.

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