Rencontre avec l’artiste Marie Hugo

par Lettres de Malaisie

Nous partons à la rencontre de l’artiste française Marie Hugo, qui vit et travaille entre Londres et le Midi de la France où elle est née. À l’âge de seize ans, elle entre à l’École Nationale des Beaux-Arts de Montpellier et reçoit une formation en gravure et lithographie. Ayant vécu en Asie, elle a présenté en septembre à la Galerie Huit d’Arles une Forêt de Pantuns s’inspirant non seulement de la forme poétique malaise, mais aussi de ses liens avec la ville légendaire de Melaka, port jadis convoité par les Portugais, les Hollandais, les Britanniques… Marie Hugo crée ainsi une œuvre toute en lumière, où l’encre de Chine joue sur la transparence et la fragilité.

Pantouns : Pouvez-vous nous présenter votre installation de la Forêt de Pantuns ? 

Marie Hugo : La Forêt de Pantuns est faite de colonnes représentant des arbres, le sol craque sous les pas des visiteurs comme dans les sous-bois. Les pantuns sont accrochés et rappellent les messages gravés dans l’écorce des arbres. Des petites lumières sont placées dans chaque arbre à l’intérieur pour les illuminer. C’est la seule source de lumière. On enlève ses chaussures en pénétrant dans la forêt.

Forêt de Pantuns

Comment s’est passée votre rencontre personnelle avec le pantoun ? Diriez-vous que cette forme poétique vous correspond, à vous et à votre démarche artistique ?

C’est Julia de Bierre, de la Galerie Huit, qui m’a parlé du pantun la première fois. Oui, j’ai tout de suite pensé que cette forme de communication poétique orale correspondait à mon travail, mais aussi son rapport à la nature. En fait, je suis très reconnaissante à François-René Daillie, son recueil La Lune et les Etoiles – Le Pantoun malais m’a été d’une grande inspiration et utilité. J’y ai puisé les pantuns utilisés pour l’installation. Ce travail aurait été très difficile sans ce recueil. C’est avec tristesse que j’appris sa mort lorsque j’ai demandé au libraire de me mettre en contact avec lui.

Vous avez sélectionné des textes en français, anglais, mais aussi en malais et jawi (alphabet arabe adapté pour écrire le malais). Quels textes avez-vous retenu en priorité, et pourquoi ?

J’ai sélectionné les pantuns qui correspondaient le plus à des valeurs universelles et éternelles, beaucoup étant tournés vers la vie rurale dans la campagne malaise que beaucoup d’Européens ne connaissent pas…

Retrouvez la suite de notre entretien avec Marie Hugo dans le numéro 7 de la revue Pantouns.

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